Aujourd’hui, c’est Mardi Gras ! Si pour beaucoup, cela signifie simplement « soirée crêpes », sachez qu’autrefois en Bretagne, le « Meurlarjez » était une fête bien plus bruyante et colorée. Oubliez Rio ou Venise. Dans les campagnes du Trégor, on avait nos propres rituels, entre chansons en porte-à-porte et festins avant le jeûne. Retour sur ces traditions oubliées à raconter à vos enfants ce soir en faisant sauter la première crêpe.
« Meurlarjez », ça veut dire quoi ?
En breton, Mardi Gras se dit Meurlarjez (littéralement « Mardi du Lard »). Pourquoi le lard ? Parce que c’était le dernier jour où l’on avait le droit de manger « gras » avant les 40 jours de Carême (le jeûne religieux jusqu’à Pâques). Il fallait vider les placards ! On utilisait tous les œufs et le beurre qui restaient pour faire des crêpes, des beignets ou du far. C’était une nécessité domestique devenue une fête gourmande.
L’ancêtre d’Halloween
Bien avant que les petits monstres d’Halloween ne débarquent en octobre, les enfants bretons faisaient déjà du porte-à-porte pour Mardi Gras. Déguisés avec ce qu’ils trouvaient (souvent des vieux vêtements d’adultes, de la suie sur le visage pour se « masquer »), ils allaient de ferme en ferme. Pas de « bonbons ou un sort », mais des chansons ! Ils chantaient des comptines en breton pour recevoir en échange des crêpes, des pommes, ou quelques sous.
Le Bonhomme Carnaval
Dans certaines communes de la Côte de Granit Rose, la tradition voulait que l’on fabrique un mannequin de paille et de vieux chiffons : le « Bonhomme Carnaval« . Accusé de tous les maux de l’hiver, il était promené dans le village avant d’être brûlé sur la place publique à la tombée de la nuit. Un grand feu de joie qui symbolisait la fin de l’hiver et le renouveau du printemps. On dansait autour des flammes au son du biniou.
Et aujourd’hui ?
Si le porte-à-porte s’est perdu, l’esprit de Meurlarjez survit dans nos cuisines. La tradition veut que l’on fasse sauter la crêpe de la main droite en tenant une pièce d’or (ou à défaut, une pièce de monnaie) dans la main gauche. Si la crêpe retombe correctement dans la poêle, c’est l’assurance d’avoir de l’argent toute l’année ! Alors ce soir, à vos poêles (et attention au plafond).
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- Les Rituels : L’incroyable histoire du Louis d’Or et du feu purificateur.
- Tradition : Pourquoi Meurlarjez marque la fin de l’hiver en Bretagne.





