Soyons honnêtes : en Bretagne, on mange des crêpes toute l’année. À la Chandeleur, au petit-déjeuner, le vendredi soir… C’est notre carburant. Alors pour Mardi Gras, il faut marquer le coup autrement. Février, c’est le mois de la friture, du sucre glace qui vole partout et des doigts qui collent. Direction la Bretagne Historique (le Pays Nantais) pour redécouvrir la star du Carnaval : le Bottereau. Oubliez le régime (le Carême commence demain, vous avez le temps), aujourd’hui, c’est une ode au gras réconfortant.
Le Bottereau Nantais : Le coussin moelleux
Si la Basse-Bretagne ne jure que par la crêpe, le Pays Nantais et l’Anjou ont un autre roi : le Bottereau (parfois appelé Tourtisseau en Vendée). Ce petit losange de pâte levée et frite est une institution. Contrairement aux crêpes fines, le bottereau a du corps. Il est doré à l’extérieur, incroyablement moelleux à l’intérieur, et gonflé à bloc. C’est la madeleine de Proust de nombreux habitants de Loire-Atlantique. Une recette de grand-mère conçue pour tenir au corps et se conserver plusieurs semaines (en théorie, car le saladier est souvent vide en 10 minutes).
Le Tour de France du Beignet
Le Bottereau n’est pas seul. Si Nantes tient la corde à l’Ouest, chaque région française a sa propre version du « Gâteau de Carnaval ». C’est un véritable dialecte culinaire :
- Les Merveilles : Souvent plus fines et parfumées à la fleur d’oranger (Bordeaux, Sud-Ouest).
- Les Bugnes : Les lyonnaises, qui peuvent être « craquantes » (plates) ou « moelleuses ».
- Les Oreillettes : Très fines et croustillantes, typiques du Languedoc.
- Les Ganses : La version niçoise, souvent nouée. Mais soyons chauvins deux minutes : rien ne vaut la mâche généreuse d’un bottereau nantais bien chaud.
Le secret est dans le « Rhum » (et le repos)
Vous voulez vous lancer ? La recette est simple, mais elle demande de la patience. Les ingrédients sont basiques : farine, œufs, beurre (beaucoup), sucre. Le secret ?
- Le parfum : Une bonne rasade de Rhum ambré ou d’eau-de-vie. L’alcool s’évapore à la cuisson, mais le goût reste.
- La pousse : Il faut laisser la pâte lever deux fois. C’est ce qui donnera ce côté « coussin d’air » à la cuisson. Alors, sortez l’huile, ouvrez les fenêtres (pour l’odeur de friture), et régalez-vous.
Le Vrai Bottereau Nantais
🛒 Il vous faut :
- 500g de farine
- 100g de sucre
- 100g de beurre mou
- 3 œufs
- 1 sachet de levure chimique
- 2 c.à.s de Rhum ambré
- Huile de friture
- Sucre glace (finition)





